Ensemble vers la nouvelle normalité

Mes temps forts lors de la Work Smart Week du 2 au 6 novembre 2020


Nous avions prévu d’organiser une fête cet été à l’occasion des cinq ans de notre initiative Work Smart. Puis il est arrivé… ce fameux virus qui contrarie tous nos plans, rend possible l’inconcevable, cause d’immenses dégâts, mais qui laisse aussi entrevoir de nouvelles perspectives. En dépit ou plus exactement en raison de cela, nous avons inauguré la sixième Work Smart Week le 2 novembre dans le cadre des Journées suisses du digital, avec deux événements en ligne.

 

Work Smart Week 2020 Review

Le thème du «Work Smart» s’intègre parfaitement dans les Journées suisses du digital puisque c’est la numérisation qui permet aux nouvelles formes de travail d’exister et de progresser. Il s’agit en fait d’un facteur «d’hygiène»: sans outils ni technologies adaptés, les formes de travail flexibles sans contrainte de lieu ne sont pas envisageables. En revanche, ces outils et technologies sont loin de rendre à eux seuls le travail «smart».

Besoin de vraies rencontres, heureusement

Ce fut l’une des grandes conclusions du «tell», le premier des deux événements ayant inauguré la Work Smart Week. Les participants à cet événement interactif pouvaient, comme l’annonce son nom, faire part de leurs réflexions sur le thème «En avant vers la nouvelle normalité: #newworkingnormal après le coronavirus?». Nous avons orienté les débats en particulier sur la «collaboration», un aspect critique lorsque le travail mobile et flexible fait que l’on ne se croise plus automatiquement. Dans des sessions en ateliers, les participants ont partagé les expériences vécues et acquises ces derniers mois et semaines, ainsi que leurs attentes et leurs espérances vis-à-vis de l’avenir du travail. Les discussions ont clairement montré qu’à long terme, ce modèle ne fonctionne pas sans rencontres physiques, sans contacts sociaux directs ni échanges informels. Personnellement, cela m’a fait du bien d’entendre cela. Nous sommes en effet des êtres sociaux, pas des machines.

Tout est dans le mélange

Le travail à distance offre aussi d’indéniables avantages. Il augmente avant tout la concentration et la productivité, fait gagner du temps et facilite la conciliation travail-famille. De nombreux participants au «tell» ont profité pour la première fois de ces avantages dans toute leur étendue, et exprimé le besoin de garder le meilleur de chaque monde, ceci en piochant dans les réalités avant, pendant et après le confinement ainsi que dans les possibilités offertes par la collaboration physique et virtuelle. C’est le cocktail qui compte.

Le bureau est mort, vive le bureau

Globalement, il ne s’agit pas de télétravail, mais d’autodétermination individuelle et de liberté de choix. Autrement dit, il faut une coordination et une entente commune au sein de l’équipe. À l’issue de ces discussions, l’animatrice Ilona Schönle (Witzig The Office Company) en a conclu que le bureau allait continuer d’exister. À condition toutefois qu’il change de fonction. Ainsi, l’accent n’est plus mis sur l’exécution des tâches, mais plutôt sur la rencontre, l’échange, l’entretien des relations et la construction de l’identité. Le choix délibéré et l’exploitation habile du lieu de travail demandent de nouvelles compétences de la part des collaborateurs et des cadres. Ilona a conclu l’événement par un proverbe bouddhiste pertinent: «Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours.»

Du Home Office Day à l’Office Day?

Notre second événement, le Live Talk, a suivi presque sans transition. Il a porté sur la flexibilité actuelle et future du monde du travail suisse. Dans un message vidéo, le conseiller fédéral Guy Parmelan a résumé l’importance de la numérisation pour l’économie suisse en ces termes: «C’est possible grâce à la numérisation.» Cette affirmation s’intégrait parfaitement dans notre événement puisque, en raison de la situation actuelle, notre panel et le public étaient contraints de se réunir en ligne. Dans le respect des mesures de sécurité en vigueur à l’Ideation Space Zurich, Johann Weichbrodt de la Fachhochschule Nordwestschweiz (FHNW) a présenté les résultats de notre toute récente étude FlexWork. Elle confirme la flexibilisation accrue du monde du travail. Les formes de travail telles que le travail à domicile sont de plus en plus la règle, et non plus l’exception. Allons-nous bientôt fêter l’Office Day au lieu du Home Office Day il y a dix ans? Sur ce point, Johann Weichbrodt ne pouvait que m’approuver. Les résultats de l’étude actuelle sont naturellement marqués par la pandémie du coronavirus, mais ils révèlent aussi une tendance indépendante de celle-ci.

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Des souhaits panachés

Suite à la présentation, j’ai discuté en ligne de certains aspects de l’étude avec Muriel Bouakaz (Witzig The Office Company), Claudia Giorgetti Del Monte (Die Mobiliar), Manuel Marquina (Swisscom), Sandra Eckerstorfer (CFF) et Johann Weichbrodt. Il s’agissait de classifier les résultats pour le marché du travail suisse, d’établir des prévisions pour l’avenir du travail sur la base des connaissances pratiques et des expertises professionnelles, ainsi que d’évaluer les enjeux et incertitudes actuels.

Concernant l’avenir (numérique) du travail, notre panel a exprimé les souhaits suivants: développement du potentiel (Johann), «passer de la parole aux actes» (Manuel), aptitude (Muriel), équilibre technologie/être humain (Claudia).

Mon propre souhait? Faire «ensemble». Pouvoir profiter et tirer des leçons des opportunités et expériences que nous apportent ces temps difficiles est un défi que l’on ne peut guère relever seul, mais ensemble. Si vous avez manqué le débat du panel ou si vous souhaitez le revoir, vous pouvez visionner l’enregistrement en ligne.

 

… et des (Work) «Smarties» très bigarrés

Ensemble, avec notre réseau, l’initiative Work Smart et nous-mêmes voulons aider le monde du travail à progresser dans la nouvelle normalité. Nos propres événements au début de la semaine ont enregistré quelque 150 connexions, mais ce n’était qu’un début. Une fois de plus cette année, la Work Smart Week a proposé un programme considérable et varié: une petite douzaine d’offres et d’événements ont eu lieu sur notre plateforme, notamment un webinaire en français sur le «Flexoffice, télétravail et coworking», proposé en collaboration avec notre partenaire Aremis conjointement avec différents Work Smart Supporters de Suisse romande, une consultation juridique pour les Smart Workers offerte par Further at Work, des check-lists de télétravail pour employeurs et employés fournies par la plateforme ainsi que l’entrée gratuite aux espaces de notre partenaire de parrainage Coworking Switzerland durant toute la semaine.

Moi-même et les autres Work Smarties n’avions pas le cœur à fêter le cinquième anniversaire de l’initiative cette année. Considérant cependant ce que nous avons vécu «ensemble», nous sommes certains de pouvoir tirer des leçons de ces derniers mois et d’en sortir fortifiés pour mieux continuer.

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